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Économie, SES · Licence

Microéconomie — Choix du consommateur et du producteur

R Revisly · rédigée avec l’IA 5107 mots 26 min de lecture

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Introduction

La microéconomie étudie les comportements individuels des agents économiques, en particulier ceux des consommateurs et des producteurs, ainsi que leurs interactions sur les marchés. Comprendre les choix du consommateur et du producteur est essentiel pour analyser la formation des prix, la répartition des ressources et l’efficacité des marchés. Cette fiche de révision aborde successivement la contrainte budgétaire qui limite les choix du consommateur, la modélisation des préférences et de l’utilité, la demande et ses élasticités, les coûts de production des entreprises, et enfin l’équilibre de marché en concurrence parfaite. Chacune de ces notions constitue un fondement de l’analyse microéconomique et permet d’expliquer les mécanismes d’ajustement sur les marchés. Le plan suivi met l’accent sur les déterminants des choix individuels et sur la manière dont ces choix s’agrègent pour former les résultats de marché.

Plan

  1. Contrainte budgétaire
  2. Préférences et utilité
  3. Demande et élasticités
  4. Coûts de production
  5. Équilibre de marché concurrentiel

1. Contrainte budgétaire

La contrainte budgétaire représente l’ensemble des combinaisons de biens qu’un consommateur peut acquérir compte tenu de son revenu et des prix des biens. Elle traduit la limitation des choix du consommateur par ses ressources financières. Dans un modèle à deux biens, la contrainte budgétaire s’exprime par une équation reliant le revenu du consommateur au coût total des quantités achetées de chaque bien. Cette contrainte est fondamentale pour l’analyse microéconomique, car elle définit le domaine dans lequel le consommateur peut exercer ses préférences et maximiser son utilité.

Graphiquement, la contrainte budgétaire est représentée par une droite dans un plan où chaque axe correspond à la quantité consommée d’un bien. La pente de cette droite dépend du rapport des prix des deux biens. Toute combinaison de biens située sur la droite utilise l’intégralité du budget, tandis que les combinaisons situées en dessous correspondent à une dépense inférieure ou égale au revenu disponible. Les choix rationnels du consommateur s’effectuent donc à l’intérieur ou sur la frontière de cet ensemble, sous réserve de la non-négativité des quantités consommées.

Points clés

  • La contrainte budgétaire impose que le consommateur ne peut pas dépenser plus que son revenu.
  • Dans le cas de deux biens x et y, la contrainte s’écrit : pₓ·x + p_y·y ≤ R, où pₓ et p_y sont les prix respectifs, x et y les quantités consommées, et R le revenu.
  • La droite budgétaire correspond à l’égalité pₓ·x + p_y·y = R.
  • L’ordonnée à l’origine (lorsque x = 0) est R/p_y : c’est la quantité maximale du bien y que le consommateur peut acheter s’il ne consomme que ce bien.
  • L’abscisse à l’origine (lorsque y = 0) est R/pₓ : c’est la quantité maximale du bien x que le consommateur peut acheter s’il ne consomme que ce bien.
  • La pente de la droite budgétaire est –pₓ/p_y : elle indique combien d’unités de y il faut renoncer pour consommer une unité supplémentaire de x, à budget constant.
  • Une variation du revenu déplace la droite budgétaire parallèlement, sans changer sa pente.
  • Une variation du prix d’un bien modifie la pente et/ou l’ordonnée à l’origine de la droite budgétaire.

Définitions

  • Contrainte budgétaire : Relation qui exprime que la dépense totale d’un consommateur, calculée comme la somme des quantités achetées de chaque bien multipliées par leur prix respectif, ne peut excéder le revenu disponible.
  • Domaine budgétaire : Ensemble des combinaisons de quantités de biens accessibles au consommateur, c’est-à-dire qui respectent la contrainte budgétaire (dépense totale inférieure ou égale au revenu).
  • Droite budgétaire : Frontière du domaine budgétaire, correspondant à l’ensemble des paniers de biens pour lesquels la dépense totale est exactement égale au revenu.

Formules

  • pₓ·x + p_y·y ≤ R — Formule générale de la contrainte budgétaire pour deux biens x et y, où pₓ et p_y sont les prix, x et y les quantités, et R le revenu du consommateur.
  • y = (R/p_y) – (pₓ/p_y)·x — Équation de la droite budgétaire, exprimant y en fonction de x. Elle permet de représenter graphiquement la contrainte budgétaire dans un plan (x, y).

Méthode

  1. Identifier les biens considérés et noter leurs prix respectifs (pₓ, p_y) ainsi que le revenu du consommateur (R).
  2. Écrire l’équation de la contrainte budgétaire : pₓ·x + p_y·y ≤ R.
  3. Déterminer les intercepts : calculer R/pₓ (quantité maximale de x) et R/p_y (quantité maximale de y).
  4. Exprimer la droite budgétaire sous la forme y = (R/p_y) – (pₓ/p_y)·x pour faciliter la représentation graphique.
  5. Analyser les effets d’une variation du revenu ou des prix sur la position et la pente de la droite budgétaire.
  6. Vérifier que les solutions proposées (paniers de biens) respectent la contrainte budgétaire.

Exemple traité

Un consommateur dispose d’un revenu R = 100 €. Il peut acheter du bien x à pₓ = 10 € l’unité et du bien y à p_y = 20 € l’unité. Quelles sont les quantités maximales de x et de y qu’il peut acheter ? Écrire et représenter la contrainte budgétaire. Que se passe-t-il si le prix du bien x passe à 20 € ?

1. Écriture de la contrainte budgétaire : 10·x + 20·y ≤ 100. 2. Quantité maximale de x (si y = 0) : 10·x = 100 → x = 10. Quantité maximale de y (si x = 0) : 20·y = 100 → y = 5. 3. Équation de la droite budgétaire : 20·y = 100 – 10·x → y = 5 – 0,5·x. 4. Représentation graphique : droite passant par (x = 10, y = 0) et (x = 0, y = 5), pente –0,5. 5. Si pₓ passe à 20 €, la contrainte devient 20·x + 20·y ≤ 100. Quantité maximale de x : 20·x = 100 → x = 5. Quantité maximale de y reste 5. Nouvelle équation : 20·y = 100 – 20·x → y = 5 – x. La droite budgétaire pivote autour de l’ordonnée à l’origine (y = 5), la pente devient –1.

Pièges à éviter

  • Oublier de vérifier que les quantités consommées sont positives (x ≥ 0, y ≥ 0).
  • Confondre la droite budgétaire (égalité) avec le domaine budgétaire (inégalité).
  • Négliger l’effet d’une variation de prix sur la pente de la droite budgétaire.
  • Penser que toute combinaison sur la droite budgétaire est optimale, sans tenir compte des préférences ou de l’utilité.
  • Oublier que la droite budgétaire ne représente que la limite supérieure des choix possibles, pas l’ensemble des choix accessibles.

2. Préférences et utilité

L’analyse microéconomique du choix du consommateur commence par la modélisation des préférences. Les préférences d’un individu représentent la manière dont il classe différentes combinaisons de biens selon leur capacité à satisfaire ses besoins. On suppose que le consommateur est capable de comparer tous les paniers de biens et de choisir celui qu’il préfère ou d’indiquer s’il est indifférent entre deux paniers. Pour formaliser ces préférences, on utilise la notion de relation de préférence, notée généralement ≽, qui signifie « au moins aussi préféré que ».

Pour étudier le comportement du consommateur, il est courant de représenter ses préférences à l’aide d’une fonction d’utilité. Cette fonction attribue un nombre réel à chaque panier de biens, de sorte que les paniers les plus préférés reçoivent une utilité plus élevée. L’utilité est un outil ordinal : seul l’ordre des paniers compte, pas la valeur absolue de l’utilité. Les propriétés des préférences (complétude, transitivité, monotonie, convexité) sont essentielles pour garantir l’existence d’une fonction d’utilité et pour déterminer la forme des courbes d’indifférence.

Les courbes d’indifférence représentent graphiquement l’ensemble des paniers de biens entre lesquels le consommateur est indifférent. Leur pente, appelée taux marginal de substitution (TMS), mesure la quantité d’un bien que le consommateur est prêt à abandonner pour obtenir une unité supplémentaire de l’autre bien, tout en restant sur la même courbe d’indifférence. La convexité des préférences traduit le goût pour la diversité : un consommateur préfère généralement des paniers équilibrés à des paniers extrêmes.

Points clés

  • Les préférences sont modélisées par une relation binaire sur l’ensemble des paniers de biens, notée ≽.
  • La complétude signifie que pour tout couple de paniers (A, B), le consommateur peut toujours dire si A ≽ B ou B ≽ A (ou les deux, ce qui signifie indifférence).
  • La transitivité implique que si A ≽ B et B ≽ C, alors A ≽ C.
  • La monotonie (ou non-satiété) suppose que plus de chaque bien est toujours préféré à moins, toutes choses égales par ailleurs.
  • La convexité des préférences signifie que les paniers moyens sont au moins aussi préférés que les paniers extrêmes.
  • Une fonction d’utilité u(x, y) représente les préférences si, pour tous paniers A et B, A ≽ B ⇔ u(A) ≥ u(B).
  • Les courbes d’indifférence ne se croisent jamais et sont décroissantes si les biens sont désirables.
  • Le taux marginal de substitution (TMS) entre deux biens est égal au rapport des utilités marginales : TMS = (∂u/∂x) ÷ (∂u/∂y).

Définitions

  • Préférences : Classement des paniers de biens selon leur capacité à satisfaire les besoins du consommateur, formalisé par une relation binaire (≽) sur l’ensemble des paniers.
  • Fonction d’utilité : Fonction numérique qui associe à chaque panier de biens un nombre réel, de façon à représenter l’ordre de préférence du consommateur.
  • Courbe d’indifférence : Ensemble des paniers de biens entre lesquels le consommateur est indifférent, c’est-à-dire qui procurent la même utilité.
  • Taux marginal de substitution (TMS) : Quantité d’un bien à laquelle le consommateur est prêt à renoncer pour obtenir une unité supplémentaire de l’autre bien, tout en restant sur la même courbe d’indifférence.
  • Convexité des préférences : Propriété selon laquelle un panier moyen est au moins aussi préféré qu’un panier extrême, traduisant un goût pour la diversité.

Formules

  • TMS = (∂u/∂x) ÷ (∂u/∂y) — Le TMS mesure la pente de la courbe d’indifférence en un point donné, c’est-à-dire la quantité du bien y que le consommateur accepte de céder pour obtenir une unité supplémentaire de x, à utilité constante. Le TMS est positif : il est égal à la valeur absolue de la pente (négative) de la courbe d’indifférence, TMS = −dy/dx.

Méthode

  1. Vérifier que les préférences du consommateur respectent les hypothèses de complétude, transitivité, monotonie et convexité.
  2. Si une fonction d’utilité est donnée, calculer les utilités marginales par rapport à chaque bien (dérivées partielles).
  3. Pour tracer une courbe d’indifférence, fixer une valeur d’utilité et résoudre l’équation u(x, y) = constante pour y en fonction de x.
  4. Pour calculer le TMS en un point, prendre le rapport des utilités marginales en ce point.
  5. Comparer différents paniers en utilisant la fonction d’utilité pour déterminer les préférences.

Exemple traité

Soit la fonction d’utilité u(x, y) = x × y, où x et y représentent les quantités consommées de deux biens. Calculer le TMS au point (x = 2, y = 4).

1. Calculer l’utilité marginale par rapport à x : ∂u/∂x = y. Ici, ∂u/∂x = 4. 2. Calculer l’utilité marginale par rapport à y : ∂u/∂y = x. Ici, ∂u/∂y = 2. 3. Calculer le TMS : TMS = (∂u/∂x) ÷ (∂u/∂y) = 4 ÷ 2 = 2. 4. Interprétation : au point (2, 4), le consommateur est prêt à céder 2 unités de y pour obtenir une unité supplémentaire de x, tout en restant sur la même courbe d’indifférence. Attention : le TMS est ici positif, mais il faut se rappeler que le TMS est en fait le taux auquel y doit diminuer pour que x augmente d’une unité, donc la pente de la courbe d’indifférence est négative.

Pièges à éviter

  • Confondre utilité ordinale et utilité cardinale : seul l’ordre des paniers compte, pas la valeur absolue de l’utilité.
  • Oublier de vérifier la convexité des préférences avant d’appliquer certains résultats (par exemple, existence d’un optimum unique).
  • Penser que toutes les fonctions d’utilité sont uniques : toute transformation strictement croissante d’une fonction d’utilité représente les mêmes préférences.
  • Tracer des courbes d’indifférence qui se croisent, ce qui est impossible si les préférences sont cohérentes.
  • Oublier que le TMS est généralement décroissant le long d’une courbe d’indifférence si les préférences sont convexes.

3. Demande et élasticités

La demande désigne la quantité d’un bien ou service qu’un consommateur (ou l’ensemble des consommateurs) souhaite acquérir à un prix donné, toutes choses égales par ailleurs. Elle dépend principalement du prix du bien, du revenu du consommateur, des prix des autres biens (substituts et compléments), ainsi que des préférences individuelles. La fonction de demande individuelle relie la quantité demandée à ces différents facteurs, tandis que la demande de marché agrège l’ensemble des demandes individuelles.

L’élasticité mesure la sensibilité de la demande à une variation d’un de ses déterminants, le plus souvent le prix. L’élasticité-prix de la demande indique de combien varie la quantité demandée lorsque le prix du bien varie d’un pourcentage donné. On distingue également l’élasticité-revenu de la demande, qui mesure la réaction de la demande à une variation du revenu, et l’élasticité croisée, qui mesure la réaction de la demande d’un bien à la variation du prix d’un autre bien. Ces concepts sont essentiels pour comprendre les effets des politiques économiques (taxes, subventions) et les stratégies des entreprises (fixation des prix).

Points clés

  • La fonction de demande individuelle s’écrit généralement q = D(p, R, p₁, …, pₙ), où q est la quantité demandée, p le prix du bien, R le revenu, et p₁, …, pₙ les prix des autres biens.
  • La demande de marché est la somme horizontale des demandes individuelles à chaque niveau de prix.
  • L’élasticité-prix de la demande (ε) est généralement négative : une hausse du prix entraîne une baisse de la quantité demandée.
  • Si l’élasticité-prix de la demande est supérieure en valeur absolue à 1, la demande est dite élastique ; si elle est inférieure à 1, elle est inélastique.
  • L’élasticité-revenu permet de distinguer les biens normaux (élasticité positive) des biens inférieurs (élasticité négative).
  • L’élasticité croisée est positive pour des biens substituables et négative pour des biens complémentaires.
  • La connaissance des élasticités permet d’anticiper l’effet d’une variation de prix ou de revenu sur la demande et le chiffre d’affaires.
  • À court terme, les élasticités sont souvent plus faibles qu’à long terme, car les consommateurs mettent du temps à adapter leurs comportements.

Définitions

  • Demande individuelle : Quantité d’un bien qu’un consommateur souhaite acheter à un prix donné, en fonction de son revenu, du prix du bien et des prix des autres biens, toutes choses égales par ailleurs.
  • Demande de marché : Somme des quantités demandées par l’ensemble des consommateurs pour chaque niveau de prix.
  • Élasticité-prix de la demande : Variation relative de la quantité demandée d’un bien consécutive à une variation relative de son prix, toutes choses égales par ailleurs. Formellement, ε = (Δq/q) / (Δp/p).
  • Élasticité-revenu de la demande : Variation relative de la quantité demandée d’un bien consécutive à une variation relative du revenu du consommateur, toutes choses égales par ailleurs.
  • Élasticité croisée de la demande : Variation relative de la quantité demandée d’un bien consécutive à une variation relative du prix d’un autre bien, toutes choses égales par ailleurs.
  • Bien normal : Bien dont la demande augmente lorsque le revenu du consommateur augmente (élasticité-revenu positive).
  • Bien inférieur : Bien dont la demande diminue lorsque le revenu du consommateur augmente (élasticité-revenu négative).

Formules

  • ε = (Δq/q) / (Δp/p) = (Δq/Δp) × (p/q) — Élasticité-prix de la demande : mesure la variation relative de la quantité demandée par rapport à la variation relative du prix.
  • ε_R = (Δq/q) / (ΔR/R) = (Δq/ΔR) × (R/q) — Élasticité-revenu de la demande : mesure la variation relative de la quantité demandée par rapport à la variation relative du revenu.
  • ε_croisée = (Δq₁/q₁) / (Δp₂/p₂) = (Δq₁/Δp₂) × (p₂/q₁) — Élasticité croisée de la demande : mesure la variation relative de la quantité demandée d’un bien 1 par rapport à la variation relative du prix d’un bien 2.

Méthode

  1. Identifier la fonction de demande (ou les données du problème) et les variables pertinentes (prix, revenu, prix des autres biens).
  2. Calculer la variation absolue et relative des quantités et des prix (ou du revenu, selon l’élasticité étudiée).
  3. Appliquer la formule de l’élasticité correspondante (prix, revenu ou croisée).
  4. Interpréter le signe et la valeur obtenus (élasticité supérieure ou inférieure à 1, positive ou négative).

Exemple traité

Pour un bien, la fonction de demande est q = 100 - 2p. Calculer l’élasticité-prix de la demande lorsque le prix passe de 20 à 22.

1. Calculer la quantité demandée pour p = 20 : q₁ = 100 - 2×20 = 60. Pour p = 22 : q₂ = 100 - 2×22 = 56. 2. Calculer la variation absolue de q : Δq = q₂ - q₁ = 56 - 60 = -4. 3. Calculer la variation relative de q : Δq/q₁ = -4/60 ≈ -0,0667. 4. Calculer la variation absolue de p : Δp = 22 - 20 = 2. 5. Calculer la variation relative de p : Δp/p₁ = 2/20 = 0,10. 6. Calculer l’élasticité-prix : ε = (Δq/q₁) / (Δp/p₁) = (-0,0667) / (0,10) = -0,667. 7. Interprétation : l’élasticité-prix de la demande est de -0,67 (en valeur absolue, inférieure à 1), la demande est donc inélastique dans cet intervalle.

Pièges à éviter

  • Confondre élasticité-prix (variation du prix du bien) et élasticité-revenu (variation du revenu).
  • Oublier de prendre les variations relatives (pourcentages) et non absolues dans le calcul des élasticités.
  • Négliger le signe de l’élasticité : une élasticité-prix de la demande est généralement négative.
  • Utiliser la quantité ou le prix final au lieu de la valeur initiale (ou moyenne) pour calculer les variations relatives.
  • Interpréter une élasticité supérieure à 1 comme inélastique (c’est l’inverse : supérieure à 1 = élastique).
  • Oublier que l’élasticité peut varier selon le niveau de prix ou de revenu considéré.

4. Coûts de production

L’étude des coûts de production est essentielle pour comprendre les décisions des entreprises en microéconomie. Les coûts de production regroupent l’ensemble des dépenses engagées par une entreprise pour transformer des facteurs de production (travail, capital, matières premières) en biens ou services. On distingue généralement les coûts fixes, qui ne varient pas avec le niveau de production, et les coûts variables, qui évoluent en fonction de la quantité produite. La somme des coûts fixes et des coûts variables donne le coût total de production. L’analyse des coûts moyens et marginaux permet de déterminer la structure de coût de l’entreprise et d’anticiper ses choix de production à court et à long terme.

À court terme, certains facteurs de production sont considérés comme fixes (par exemple, la capacité d’une usine), tandis que d’autres sont variables (main-d’œuvre, matières premières). À long terme, tous les facteurs sont supposés variables, ce qui permet à l’entreprise d’ajuster entièrement sa structure productive. La distinction entre court terme et long terme est donc fondamentale pour l’analyse des coûts. Les courbes de coûts (coût total, coût moyen, coût marginal) présentent des formes caractéristiques qui reflètent la loi des rendements factoriels décroissants à court terme, puis les rendements d’échelle à long terme.

La connaissance des différentes notions de coûts permet à l’entreprise de déterminer la quantité optimale à produire pour maximiser son profit ou minimiser ses pertes. L’étude des coûts marginaux, en particulier, est cruciale pour la prise de décision : une entreprise rationnelle augmente sa production tant que le coût marginal est inférieur ou égal au prix de vente. Enfin, la structure des coûts influence la forme de la courbe d’offre de l’entreprise sur le marché concurrentiel.

Points clés

  • Les coûts fixes (CF) sont indépendants du niveau de production : ils existent même si la production est nulle (exemples : loyer, amortissement du capital).
  • Les coûts variables (CV) dépendent du volume de production : ils augmentent avec la quantité produite (exemples : salaires, matières premières).
  • Le coût total (CT) est la somme des coûts fixes et des coûts variables : CT = CF + CV.
  • Le coût moyen (CM) correspond au coût total divisé par la quantité produite : il mesure le coût unitaire de production.
  • Le coût marginal (Cm) est le supplément de coût engendré par la production d’une unité supplémentaire : il est déterminant pour la décision de produire plus ou moins.
  • À court terme, la loi des rendements factoriels décroissants implique que le coût marginal finit par augmenter avec la production.
  • À long terme, l’entreprise peut modifier tous ses facteurs de production, ce qui permet d’atteindre des économies ou des déséconomies d’échelle.
  • La courbe de coût marginal coupe toujours la courbe de coût moyen en son minimum.

Définitions

  • Coût fixe (CF) : Dépense qui ne varie pas avec le niveau de production ; elle doit être supportée même si la production est nulle.
  • Coût variable (CV) : Dépense qui dépend directement du niveau de production ; elle augmente avec la quantité produite.
  • Coût total (CT) : Somme des coûts fixes et des coûts variables pour un niveau de production donné : CT = CF + CV.
  • Coût moyen (CM) : Coût total divisé par la quantité produite : CM = CT ÷ q.
  • Coût marginal (Cm) : Variation du coût total résultant de la production d’une unité supplémentaire : Cm = ΔCT ÷ Δq.
  • Court terme : Période pendant laquelle au moins un facteur de production est fixe.
  • Long terme : Période suffisamment longue pour que tous les facteurs de production soient variables.

Formules

  • CT = CF + CV — Le coût total est la somme des coûts fixes et des coûts variables.
  • CM = CT ÷ q — Le coût moyen mesure le coût unitaire de production.
  • Cm = ΔCT ÷ Δq — Le coût marginal mesure le supplément de coût lié à la production d’une unité supplémentaire.
  • CVM = CV ÷ q — Le coût variable moyen est le coût variable par unité produite.

Méthode

  1. Identifier les coûts fixes et les coûts variables à partir de l’énoncé.
  2. Calculer le coût total pour chaque niveau de production : CT = CF + CV.
  3. Déterminer le coût moyen : CM = CT ÷ q.
  4. Calculer le coût marginal entre deux niveaux de production : Cm = ΔCT ÷ Δq.
  5. Analyser l’évolution des coûts marginaux et moyens pour repérer le minimum du coût moyen et la zone de rendements décroissants.

Exemple traité

Une entreprise a des coûts fixes de 100 €. Le coût variable pour produire q unités est donné par CV = 20q. Calculez, pour q = 0, 1, 2, 3, 4 : le coût total (CT), le coût moyen (CM), le coût marginal (Cm).

Pour q = 0 : CV = 0, CT = 100 + 0 = 100, CM = non défini (division par 0), Cm = non défini. Pour q = 1 : CV = 20 × 1 = 20, CT = 100 + 20 = 120, CM = 120 ÷ 1 = 120, Cm = 120 - 100 = 20. Pour q = 2 : CV = 20 × 2 = 40, CT = 100 + 40 = 140, CM = 140 ÷ 2 = 70, Cm = 140 - 120 = 20. Pour q = 3 : CV = 20 × 3 = 60, CT = 100 + 60 = 160, CM = 160 ÷ 3 ≈ 53,33, Cm = 160 - 140 = 20. Pour q = 4 : CV = 20 × 4 = 80, CT = 100 + 80 = 180, CM = 180 ÷ 4 = 45, Cm = 180 - 160 = 20. On observe que le coût marginal est constant (20 €) car le coût variable est linéaire en q, et que le coût moyen diminue avec la production car les coûts fixes sont répartis sur un nombre croissant d’unités.

Pièges à éviter

  • Confondre coût fixe et coût variable : un coût qui dépend du niveau de production est toujours variable.
  • Oublier d’inclure les coûts fixes dans le calcul du coût total, surtout pour q = 0.
  • Penser que le coût marginal est toujours croissant : il peut être constant si le coût variable est linéaire.
  • Croire que le coût moyen est toujours égal au coût marginal : ils ne sont égaux qu’au minimum du coût moyen.
  • Négliger la distinction entre court terme (facteurs fixes) et long terme (tous les facteurs variables).
  • Calculer le coût marginal en divisant le coût total par la quantité (ce qui donne le coût moyen, pas le coût marginal).

5. Équilibre de marché concurrentiel

L’équilibre de marché concurrentiel désigne la situation dans laquelle, sur un marché où la concurrence est parfaite, la quantité demandée par les consommateurs est égale à la quantité offerte par les producteurs pour un certain prix d’équilibre. Cet équilibre résulte de l’ajustement spontané des prix : si le prix est supérieur au prix d’équilibre, un excédent apparaît (offre excédentaire), poussant les prix à la baisse ; s’il est inférieur, une pénurie (demande excédentaire) fait monter les prix. L’équilibre de marché est donc stable sous les hypothèses de la concurrence parfaite.

La concurrence parfaite suppose notamment l’atomicité des agents (aucun n’a d’influence individuelle sur le prix), l’homogénéité du bien, la libre entrée et sortie sur le marché, la transparence de l’information et la mobilité des facteurs de production. Dans ce cadre, chaque agent prend le prix du marché comme donné (preneur de prix) et ajuste ses décisions de consommation ou de production en conséquence.

L’équilibre concurrentiel est caractérisé par l’égalité entre la courbe de demande agrégée et la courbe d’offre agrégée. Il est souvent représenté graphiquement par l’intersection de ces deux courbes. Cet équilibre est dit optimal au sens de Pareto : aucun agent ne peut améliorer sa situation sans détériorer celle d’un autre, sous réserve des hypothèses du modèle. Enfin, la modification d’un paramètre exogène (choc de demande ou d’offre) déplace l’une des courbes et conduit à un nouvel équilibre.

Points clés

  • L’équilibre de marché concurrentiel se définit par l’égalité entre la quantité demandée et la quantité offerte pour un prix donné.
  • En concurrence parfaite, aucun agent n’a le pouvoir d’influencer le prix du marché : tous sont preneurs de prix.
  • La courbe de demande décroît généralement avec le prix, tandis que la courbe d’offre croît avec le prix.
  • Le prix d’équilibre est celui pour lequel il n’existe ni excédent ni pénurie sur le marché.
  • Un déplacement de la courbe de demande (par exemple, suite à une variation du revenu des consommateurs) ou de la courbe d’offre (variation du coût des facteurs) modifie le prix et la quantité d’équilibre.
  • L’équilibre concurrentiel est stable : toute déviation du prix entraîne des forces de rappel vers l’équilibre.
  • L’équilibre de marché concurrentiel est efficace au sens de Pareto sous les hypothèses du modèle.
  • L’ajustement vers l’équilibre se fait par les prix, non par les quantités.

Définitions

  • Équilibre de marché concurrentiel : Situation dans laquelle, sur un marché en concurrence parfaite, la quantité totale demandée par les consommateurs est égale à la quantité totale offerte par les producteurs pour un certain prix d’équilibre.
  • Concurrence parfaite : Structure de marché caractérisée par l’atomicité des agents, l’homogénéité du bien, la libre entrée et sortie, la transparence de l’information et la mobilité des facteurs de production.
  • Prix d’équilibre : Prix pour lequel la quantité demandée est égale à la quantité offerte sur un marché.
  • Excédent : Situation où, pour un prix donné, la quantité offerte excède la quantité demandée.
  • Pénurie : Situation où, pour un prix donné, la quantité demandée excède la quantité offerte.
  • Efficacité de Pareto : Situation dans laquelle il est impossible d’améliorer la situation d’un agent sans détériorer celle d’un autre.

Formules

  • Qd(p) = Qo(p) — Condition d’équilibre de marché : la quantité demandée Qd au prix p est égale à la quantité offerte Qo au même prix.

Méthode

  1. 1. Écrire les fonctions de demande et d’offre en fonction du prix (Qd(p) et Qo(p)).
  2. 2. Égaliser Qd(p) et Qo(p) pour obtenir l’équation d’équilibre.
  3. 3. Résoudre cette équation pour trouver le prix d’équilibre p*.
  4. 4. Remplacer p* dans l’une des deux fonctions pour obtenir la quantité d’équilibre Q*.
  5. 5. Vérifier que pour p* et Q*, la quantité demandée est bien égale à la quantité offerte.

Exemple traité

Sur un marché, la fonction de demande est Qd(p) = 20 - 2p et la fonction d’offre est Qo(p) = 4p. Déterminez le prix et la quantité d’équilibre.

1. On pose Qd(p) = Qo(p), soit 20 - 2p = 4p. 2. On regroupe les termes en p : 20 = 6p. 3. On isole p : p = 20 ÷ 6 = 10 ÷ 3 ≈ 3,33. 4. On remplace p dans l’une des fonctions, par exemple dans Qd : Q* = 20 - 2 × 3,33 ≈ 20 - 6,66 = 13,34. 5. Vérification avec l’offre : Qo = 4 × 3,33 ≈ 13,32. Les deux valeurs sont très proches (écart dû à l’arrondi). Donc, le prix d’équilibre est environ 3,33 et la quantité d’équilibre environ 13,33.

Pièges à éviter

  • Confondre le prix d’équilibre avec le prix maximum ou minimum possible sur le marché.
  • Oublier de vérifier que la quantité demandée et la quantité offerte sont bien égales pour le prix trouvé.
  • Négliger les hypothèses de la concurrence parfaite : si elles ne sont pas respectées, le raisonnement ne s’applique pas.
  • Croire que l’équilibre est toujours unique : il peut exister plusieurs équilibres ou aucun selon la forme des fonctions.
  • Oublier que l’ajustement se fait par les prix et non par les quantités en concurrence parfaite.

À retenir

  • La contrainte budgétaire définit l’ensemble des paniers de biens accessibles à un consommateur en fonction de son revenu et des prix.
  • La droite de budget a une pente égale au rapport des prix des deux biens et sépare les paniers accessibles de ceux qui ne le sont pas.
  • Les préférences du consommateur sont modélisées par une relation de préférence et représentées par des courbes d’indifférence.
  • La fonction d’utilité permet d’ordonner les paniers de biens selon leur capacité à satisfaire les besoins du consommateur.
  • Le taux marginal de substitution (TMS) mesure la quantité d’un bien qu’un consommateur est prêt à échanger contre une unité supplémentaire d’un autre bien.
  • La convexité des préférences traduit le goût pour la diversité et garantit des courbes d’indifférence bombées vers l’origine.
  • La demande individuelle dépend du prix du bien, du revenu, des prix des autres biens et des préférences.
  • L’élasticité-prix de la demande mesure la sensibilité de la quantité demandée à une variation du prix.
  • Les coûts de production se décomposent en coûts fixes et coûts variables, dont la somme donne le coût total.
  • À court terme, certains facteurs de production sont fixes, tandis qu’à long terme, tous sont variables.
  • Le coût marginal est déterminant pour la décision de production : une entreprise rationnelle produit tant que le coût marginal est inférieur ou égal au prix.
  • L’équilibre de marché concurrentiel est atteint lorsque la quantité demandée égale la quantité offerte, et il est optimal au sens de Pareto sous les hypothèses de la concurrence parfaite.

Quelques flashcards pour vous tester

Qu'est-ce que la microéconomie ?
La microéconomie étudie les comportements individuels des agents économiques, en particulier ceux des consommateurs et des producteurs, ainsi que leurs interactions sur les marchés.
Que représente la contrainte budgétaire ?
La contrainte budgétaire représente l’ensemble des combinaisons de biens qu’un consommateur peut acquérir compte tenu de son revenu et des prix des biens.
Comment s'exprime la contrainte budgétaire dans un modèle à deux biens ?
Dans un modèle à deux biens, la contrainte budgétaire s’exprime par l'équation : pₓ·x + p_y·y ≤ R.
Qu'est-ce qu'une droite budgétaire ?
La droite budgétaire correspond à l’égalité pₓ·x + p_y·y = R.
Comment se calcule la pente de la droite budgétaire ?
La pente de la droite budgétaire est –pₓ/p_y.
Qu'est-ce que la fonction d'utilité ?
La fonction d’utilité attribue un nombre réel à chaque panier de biens, de sorte que les paniers les plus préférés reçoivent une utilité plus élevée.

Trois questions du quiz

  1. Qu'est-ce que la contrainte budgétaire ?

    • La quantité maximale d'un bien qu'un consommateur peut acheter sans tenir compte de son revenu.
    • La somme des dépenses d'un consommateur sans limite de budget.
    • Une relation qui exprime uniquement les préférences du consommateur.
    • L'ensemble des combinaisons de biens qu'un consommateur peut acquérir compte tenu de son revenu et des prix des biens.
    Voir la réponse

    L'ensemble des combinaisons de biens qu'un consommateur peut acquérir compte tenu de son revenu et des prix des biens. — La contrainte budgétaire représente l’ensemble des combinaisons de biens qu’un consommateur peut acquérir compte tenu de son revenu et des prix des biens.

  2. Quelle est la formule générale de la contrainte budgétaire pour deux biens x et y ?

    • pₓ + p_y = R
    • pₓ·x + p_y·y = R²
    • pₓ·x + p_y·y ≤ R
    • x + y ≤ R
    Voir la réponse

    pₓ·x + p_y·y ≤ R — La formule générale de la contrainte budgétaire pour deux biens x et y est : pₓ·x + p_y·y ≤ R.

  3. Qu'est-ce que le taux marginal de substitution (TMS) ?

    • Le coût total de production d'un bien.
    • La quantité d'un bien que le consommateur est prêt à abandonner pour obtenir une unité supplémentaire de l'autre bien.
    • Le prix d'un bien par rapport à un autre sur le marché.
    • La variation de la quantité demandée d'un bien en fonction de son prix.
    Voir la réponse

    La quantité d'un bien que le consommateur est prêt à abandonner pour obtenir une unité supplémentaire de l'autre bien. — Le taux marginal de substitution (TMS) mesure la quantité d’un bien que le consommateur est prêt à abandonner pour obtenir une unité supplémentaire de l’autre bien.

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